Coup de gueule, Economie — 23 août 2013

Madame Pinel, ma petite entreprise connait bien la crise

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Les temps sont durs pour les actifs. C’est très logique, on ne réclame rien à celui qui n’a rien…

De cette manière, je pourrais dire «un inactif peut être serein devant les taxes et impôts supplémentaires de 2014». 6 milliards d’Euro, ce n’est pas une paille. Je vous rassure, ils trouveront bien des ballots. Laissons, à l’inactif, le soin de préserver ses acquis, il a du temps pour ça…

Après ce petit préambule qui aura fait sourire certains et qui aura choqué d’autres, je vais vous exposer la situation des auto-entrepreneurs et vous comprendrez aisément mon propos liminaire.

Voilà 5 ans la loi n°2008-776 se met en place en plein démarrage d’une crise financière mondiale, elle prend son envol de façon très rapide au regard du rapport de l’INSEE  à consulter ici

Deux cas sont mis en exergue sur ce rapport, les auto-entrepreneurs mono-actifs et les pluriactifs.

« Les compléments de salaire et les principales sources de revenu » entendez par là, qu’un auto-entrepreneur mono-actif est une personne soit au chômage ou une transformation de statut (migration d’une micro-entreprise par exemple).

Pour moi, ils représentent des gens désireux de s’auto-suffire en refusant l’assistanat et des entrepreneurs ne pouvant dégager suffisamment de revenus avec un statut lourd pour leur niveau de chiffre d’affaires.

La proportion est la même avec les Pluriactifs, la différence avec eux est qu’avec une charge de travail de salarié, il est compliqué de développer une activité et d’y trouver un revenu suffisant.

C’est un complément de salaire qui ouvre droit à un autre type de taxe, la TVA par le biais de leur consommation et un supplément d’impôt sur le revenu, ou une bonne idée qui est en couveuse que l’on observe au quotidien en la faisant grandir.

Selon le rapport de l’ACCOS de ce mois de juillet, (URSSAF), on dénombre aujourd’hui 893 000 auto-entrepreneurs administrativement actifs, donc cotisants.

Le système marche donc convenablement. Malgré les radiations régulières des non-actifs, les inscriptions sont en augmentation et le total augmente de 3.5 %  à fin 2012.

Je rappelle pour les non-initiés que le statut d’auto-entrepreneur donne des droits et des devoirs.

Pour des raisons de simplification, puisque c’est exactement pour cela qu’il a était créé, la part de charge est un pourcentage fixe du chiffre d’affaire trimestriel (selon le cas 14%, 24.6% ou 21.3 %) voir ici le chapitre 9 du guide le l’auto-entrepreneur à consulter ici.

A cela s’ajoute une charge due à la formation professionnelle, dont vous pouvez bénéficier en retour.

La simplification pousse son extrême à exonérer l’auto-entrepreneur de la TVA, la fameuse valeur ajouté, dont les idéaux socialistes trouvent le principe injuste… En revanche, il est normal de ne pas en réclamer la valeur sur les achats en matière première, c’est évident.

Bref, nous sommes en face d’un système qui a trouvé un rythme de croisière.

Elle permet

  • aux jeunes de s’épanouir et de vivre leurs rêves à peu de risque,
  • de compléter le salaire d’un emploi partiel donc précaire,
  • de vivre avec une idée de meilleurs lendemains,
  • de préparer un capital pour sa retraite en utilisant son expérience et sa force encore vive,
  • de maintenir en vie un artisan qui n’a pas suffisamment de chantiers ou de travaux en prévision,
  • d’ alléger l’assistance sociale lourde pour notre pays,
  • et de trouver de nouvelles sources de rentrée d’argent dans les fameuses caisses de l’Etat.

Et notre gouvernement trouve que cela fait désordre et que ces gens limités par un plafond trop haut ne donnent pas assez de leur personne pour payer plus d’impôts.

Bref en l’abaissant, il veut contraindre à faire sortir ces personnes de ce statut pour en intégrer un plus lourd.

Le seuil que fixe ce nouveau plafond ne permettra pas de tirer un revenu supérieur à un SMIC, comment voulez-vous donner envie de créer quelque chose à quelqu’un en lui disant « tu n’en vivras pas. »

Je suis navré… Mes bras m’en tombent. Ce pays n’a d’ambition que la maîtrise de ce qui ne va pas et l’empêchement de tourner rond.

Un chiffre qui n’apparait pas dans ces tableaux, la perte sèche pour l’Etat que représente le travail au noir…

Alors qu’elle est la réelle motivation du gouvernement pour modifier ce statut ?

Depuis quelques temps les artisans du secteur de la construction se plaignent de voir des auto-entrepreneurs grappiller de petits marchés à droite ou à gauche et demandent une mise à niveau des charges dans un esprit de concurrentiel.

Ils déplorent, aussi, la perversion du système qui poussent les employés d’entreprise de construction partir de ces sociétés pour prendre un nouveau statut et revenir en tant qu’indépendant pour ces entreprises. Ce qui revient à un emploi sous contrat pour une tâche définie.

Mais alors, cela veut-il dire que l’on a créé cette fameuse flexibilité sur les emplois. Oui, au passage des charges patronales disparaissent. Serait-ce pour faire face à une concurrence étrangère dans ce milieu de la construction ?

Je me pose enfin cette question. Et oui pas si bête ! Ne serait-ce pas ces charges qui ont poussé nos entreprises à adapter leur méthode pour retrouver de la flexibilité dans ces périodes de disette?

Mais qu’importe, il faut tuer la bête (pas moi !), le vilain auto-entrepreneur qui ne remplit pas la marmite de la soupe populaire et avec lui, nos entreprises. Voilà ce qui ne tourne pas rond chez nos bien pensant.

A trop vouloir serrer les vis, on casse les boulons et on finit sans roue. Remarquez, c’est un pédalo. Suis-je bête !

Source photo : non au ps

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